Nous sommes tous Charlie

Les tueries barbares qui ont eu lieu en France du 7 au 9 janvier ont particulièrement ému et révolté beaucoup de personnes. Avec les adolescents matraqués par les nombreuses images diffusées sur les chaînes télévisuelles et sur les réseaux sociaux, il est important de leur permettre de s’exprimer, de poser les questions leur permettant de réfléchir et de partager sur ces événements tragiques, mais aussi sur l’importance de la liberté d’expression dans notre société démocratique.

Dès le 8 janvier, les adolescents fréquentant notre Ecole de Devoirs de Mons ont eu l’occasion de vivre cette démarche :

« On peut dire ce que l’on veut mais, on doit faire attention à qui on le dit, comment on le dit, où on le
dit et pourquoi on le dit »
Nil, adolescente de l’Ecole de Devoirs Reine Astrid de Mons

C’est avec ces quelques mots, remplis de bon sens et de vérité, que s’est clôturée notre discussion sur la liberté d’expression, au lendemain de l’acte criminel perpétré en conférence de rédaction du magazine satirique ‘Charlie Hebdo ‘.

De plus en plus, dans notre société moderne et de consommation, il est rare que chacun de nous se pose la même question ou soit interpelé par un fait identique au même moment.                                                                            Dans un cri de révolte semblable et dans l’indignation générale, chacun se posait cette question…. Pourquoi ? Pourquoi un attentat à l’égard d’innocents ou de personnes ayant fait usage de leur plume ou de leur crayon pour exprimer leurs idées ?

A la vue de l’ampleur prise par cet événement dans l’actualité et les conversations, il était important de pouvoir donner la parole aux adolescents et, par la même, de susciter leurs réflexions sur ce sujet sensible qu’est la liberté d’expression.                                                                                                                                                                                    Une telle actualité permet également de mettre en garde les ados face à cet afflux massif d’informations, parfois non vérifiées, dans leurs canaux de communication traditionnels que sont les réseaux sociaux.

Un sujet a été amené au moyen de citations et de caricatures reprises par l’ensemble des médias, qu’elles soient de la presse quotidienne ou audiovisuelle. L’objectif était d’éveiller, dans un premier temps, une interrogation et, dans un second, de provoquer les échanges.                                                                                                                                                                                                    Une telle discussion répond à deux missions suivies des écoles de devoirs : d’une part, l’émancipation sociale de l’enfant et, d’autre part, l’apprentissage de la citoyenneté et de la participation.

Quelques phrases sont ressorties  des échanges :

  • «  Ils avaient peut-être été trop loin ou leurs dessins ont été mal compris »
  • « C’est triste que l’on ne peut plus dire ce que l’on pense»
  • ….

Merci aux 15 adolescents présents ce jour là pour leur écoute mutuelle et leur maturité aussi.

Nicolas Meurisse, animateur-coordinateur.